Un Mur dont on a pas fini d’entendre parler – Vosges Matin 11 mars 2017

« Sûr que ça va faire causer dans les chaumières ! », « On va en parler dans le Landerneau ! », « Tiens, bizarre, il n’y a pas trop d’élus cette fois ! »… Petit florilège des phrases entendues hier soir à l’occasion du vernissage de la quatrième œuvre accueillie par l’association Le Mur Épinal. Soit sur le mur dédié au street art sis au 46 de la rue Saint-Michel, déclinaison de celui d’Oberkampf à Paris.

L’artiste invité par l’association présidée par Rémy Louyot, JBC, basé à Montreuil l’a dit : il souhaite que sa fresque « suscite le débat, un peu d’attention et des échanges. » Sans vouloir faire de la provoc’, JBC tape dans le dur avec son détournement du tableau de Thomas Couture « Les Romains de la décadence » qui devient « Le banquet des anti-systèmes ». On reconnaît sans problème des personnalités publiques ayant pu dire qu’elles étaient contre les systèmes. Donald Trump, son épouse, Marine Le Pen, Emmanuel Macron ou François Fillon.

Adjoint au maire chargé de la culture, Christophe Petit a salué le travail de l’artiste, et « une œuvre parfaitement réussie techniquement et qui va inévitablement faire réagir nos concitoyens. » L’occasion pour l’élu qu’il est « essentiel qu’à Épinal les artistes puissent s’exprimer en totale liberté […] Il serait totalement incohérent que les créateurs se voient dictés une ligne artistique ou éditoriale par un système ou un calendrier politique. » Avec un petit bémol cependant : « Ma crainte porte en fait surtout sur l’effet contre-productif de présenter cette œuvre-ci justement en pleines élections, car elle peut risquer d’aggraver encore plus le rejet des citoyens envers la politique, favoriser l’abstention et même favoriser les extrêmes. »

Oui, c’est certain, ce Mur-là n’a pas fini de faire parler de lui.

S. KUHN

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